Revue scientifique · Avril 2020
HISTARC n°5
Dix contributions éclairant l’histoire de l’Afrique, de l’Antiquité aux périodes coloniale et postcoloniale.
Sommaire
Articles originaux
Chaque contribution est proposée avec son résumé et son texte intégral au format PDF.
10 articles
Histoire ancienne, coloniale et contemporaine
Les débuts de l’Association Cotonnière Coloniale en Afrique-Occidentale française (1901–1908)
Luc Maurice Durand-Réville (1904–1998) : portrait d’un colon au Gabon
La transmission de l’État colonial au Gabon : le cas de l’Office des Anciens Combattants et Victimes de Guerres (1948–2013)
L’empreinte néocoloniale de la France sur la commercialisation de l’uranium du Gabon (1959–1994)
La contribution du couvert forestier au développement économique de la Côte d’Ivoire (1960–1980)
Les parcours professionnels des cadres de la Gendarmerie nationale : miroir de la politique de formation et de gestion des élites militaires au Gabon (1960–1990)
La Ligue ivoirienne des Droits de l’Homme et l’évolution de l’État de droit en Côte d’Ivoire (1987–2012)
Le COSIM : une institution musulmane en Côte d’Ivoire (1988–2019)
Le vote nul dans les élections présidentielles en Côte d’Ivoire : causes et stratégies de lutte (2000–2010)
Le cinquième numéro d’HISTARC paraît dans un contexte mondial marqué par la pandémie de Covid-19, maladie induite par le SARS-CoV-2, dont les symptômes sont principalement la fièvre, la toux et les difficultés respiratoires.
Au moment où nous écrivions ces mots, cette maladie avait déjà malheureusement entraîné 66 542 décès dans le monde, selon les données consultées le 5 avril 2020 à 17 h 19. Sa rapidité de propagation et ses conséquences ont amené plusieurs États à confiner leurs populations et à ordonner la fermeture des musées, bibliothèques et centres d’archives, tous essentiels à la recherche scientifique. Ces interdictions d’accès physique aux corpus ont toutefois favorisé une ouverture en ligne plus large, au public et aux chercheurs, des bases de données de plusieurs bibliothèques et musées dans le monde. Certains établissements ont limité cet accès à trois mois. Nous espérons plutôt qu’il excédera cette période et sera pérennisé, tout au moins pour les chercheurs.
Le présent numéro compte dix contributions couvrant des champs allant de l’histoire ancienne à l’histoire contemporaine. Abordant plusieurs périodes — Antiquité, époque coloniale, transition coloniale-postcoloniale et époque postcoloniale —, toutes éclairent un peu plus l’histoire de l’Afrique, continent que des observateurs, soi-disant avertis, vouent à une perdition totale au crépuscule de la pandémie de Covid-19.
Le premier article est une étude synchronique du rôle déterminant du scribe durant la période pharaonique, enrichie et renforcée par sa mise en relation avec une Afrique noire dite « anhistorique » et « sans écriture ». Mouhamadou Nissire Sarr, du Département d’Histoire de l’Université Cheikh Anta Diop à Dakar, évalue le rapport entre le scribe et la divinité en examinant le scribe comme maître du trésor royal, archiviste et prêtre lisant la liste d’offrandes.
Le deuxième article interroge la question du coton au début du XXe siècle dans les relations commerciales internationales, au travers de l’Association Cotonnière Coloniale en Afrique-Occidentale française. Tanoh Raphaël Bekoin, du Département d’Histoire de l’Université Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, s’intéresse principalement aux moyens dont dispose cette association pour développer le coton dans toutes les colonies françaises. L’auteur met ainsi en lumière les circonstances de création de cette association d’industriels, d’intermédiaires et de groupes de pression, ses stratégies d’action et ses premières initiatives.
Le troisième article établit le portrait d’un colon au Gabon, Luc Maurice Durand-Réville (1904–1998). Simplice Vianney Mouanga, de l’IRSH-CENAREST au Gabon, met en avant l’étendue de l’empreinte de Luc Maurice Durand-Réville sur le Gabon colonial et postcolonial.
Le quatrième article porte sur la transmission des institutions de l’État colonial français aux anciennes colonies africaines, pour la plupart devenues indépendantes en 1960. Léon Modeste Nnang Ndong, du Département d’Histoire et Archéologie de l’Université Omar Bongo au Gabon, s’intéresse particulièrement au cas de l’Office des Anciens Combattants et Victimes de Guerres (1948–2013). Il relève les conditions et les modalités du passage de cet office colonial à une structure à gestion commune conventionnée, puis à un service public national gabonais.
Le cinquième article met en exergue l’empreinte néocoloniale de la France sur le commerce des matières premières africaines après les indépendances, en particulier sur la commercialisation de l’uranium du Gabon entre 1959 et 1994. Selon Robert Edgard Ndong, de l’IRSH-CENAREST au Gabon, des instruments contractuels et commerciaux, dont URANEX, établissent cette emprise néocoloniale.
Le sixième article, écrit par Konan Alain Brou et Samuel Boka, de l’UFR des Sciences de l’Homme et de la Société de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, fait ressortir la contribution de la forêt à l’essor économique de la Côte d’Ivoire de 1960 à 1980 et les actions menées par l’État pour sa préservation.
Le septième article, de Sidina Noël Mvou Kounta, rattaché à LAM — Les Afriques dans le monde, UMR 5115, Sciences Po Bordeaux —, revisite la formation et la gestion des élites militaires au Gabon au cours des trente premières années suivant l’indépendance, de 1960 à 1990. Il contribue à mettre en lumière les conditions complexes de la transmission des institutions militaires françaises en Afrique centrale.
Le huitième article s’attarde sur la Ligue ivoirienne des Droits de l’Homme et l’évolution de l’État de droit en Côte d’Ivoire de 1987 à 2012. Nahoua Karim Silue, du Département d’Histoire de l’Université Alassane Ouattara à Bouaké, met en relief les actions de cette ligue qui concourent à la quête continue de la Côte d’Ivoire vers un État de droit.
Le neuvième article met en lumière le problème du leadership des sociétés musulmanes africaines en interrogeant la place du Conseil Supérieur des Imams en Côte d’Ivoire. Comment ce Conseil s’est-il érigé en principal interlocuteur de la communauté musulmane ivoirienne alors qu’il était traversé par de profondes mutations internes et externes entre 1988 et 2019 ? Drissa Kone, du Département d’Histoire de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, révèle les stratégies de positionnement de cette structure islamique dans une atmosphère de mutations sociales et politiques.
Le dernier article, œuvre de Katiénéffooua Adama Ouattara, de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody, aborde les causes du vote nul dans les élections présidentielles en Côte d’Ivoire et les stratégies de lutte mises en œuvre. Il élucide les raisons profondes à l’origine de la production massive de bulletins nuls entre 2000 et 2010, sans omettre les actions engagées pour la combattre.
Dr Martial Matoumba
Secrétariat HISTARC
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Le numéro 5 de HISTARC est également disponible en version imprimée.
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